07.11.2009

Dorian Gray ou la recherche folle de la jeunesse éternelle

Il y avait bien longtemps que je n’avais relu « Le Portrait de Dorian Gray », le chef d’œuvre d’Oscar Wilde. Ce livre m’a accompagné ces derniers jours dans mes déplacements et mes allers-retours à la mairie de Vigneux-sur-Seine. En relisant ce classique, j’y ai retrouvé une préoccupation bien contemporaine pour l’esthétique, la beauté et bien sûr la jeunesse. Ce roman est terriblement actuel. Il mérite d’être lu et relu par celles et ceux qui prônent une société esthétique où hors la jeunesse et la beauté, rien n’existe. Il doit aussi être relu par ceux qui combattent cette vision réductrice de la vie et la fin du roman ne peut que les conforter. Dans ce livre fantastique et au final « moral », Wilde n’est souvent pas très éloigné de Dorian et démontre l’immensité de son talent d’écrivain. Un livre à lire et relire.

03.11.2009

25 portraits de combattants du sida

A l’occasion de ses 25 ans, la plus grande association de lutte contre el sida présidée par Bruno Spire publie un recueil aux éditions du Cherche Midi. Dans ce livre intitulé « Sida : portraits de combattants », l’association a choisi d’honorer 25 personnalités qui ont marqué l’histoire de cette maladie en les photographiant ainsi qu’une activité de leur choix et un lieu symbolique. Aux côtés de Jacques Chirac, Simone Veil, Line Renaud, Willy Rozenbaum, Anne Hidalgo, Marie-Gorge Buffet, Michel Kazatchkine, et 17 autres, j’ai l’honneur de faire partie de cette galerie de combattants.  J’ai pour ma part choisi d’honorer l’association Ikambere et j’ai choisi le cimetière du Père Lachaise où tant de sidéens ont été accompagnés par leurs proches. Ce livre est vendu au profit de AIDES et les photos sont de Barbara Pellerin et les textes du journaliste de Libération Eric Favereau.

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26.10.2009

Nouvelles chroniques de San Francisco, toujours mieux !

Je vous ai récemment parlé des Chroniques de San Francisco, cette saga de 6 volumes de chroniques faite au départ pour un quotidien de San Francisco par le génial Armistead Maupin.

Le deuxième volume se dévore comme le premier. Familiarisés avec les héros du 28 Barbary Lane, le lecteur va de découvertes en découvertes ; ces héros qu’on croyait connaître à l’issue du 1er volume ne sont pas ceux ou celles qu’on croyait ! De rebondissements en rebondissements, pas le temps de s’ennuyer avec ce livre.

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Un plus, le magnifique « coming out » que Michael écrit à ses parents. Une lettre à méditer et même à utiliser par celles et par ceux qui veulent annoncer leur homosexualité à leurs parents. Les nouvelles chroniques de San Francisco, toujours mieux. Croyez-moi, un régal.

15.10.2009

Homo-ghetto, à lire !

J’ai connu Franck Chaumont alors qu’il était journaliste sur Beur FM et qu’il m’avait invité à venir débattre avec Annick Lepetit, actuelle députée de Paris. Je l’ai ensuite revu souvent notamment lorsqu’il travaillait à Ni putes, ni soumises. Il m’a gentiment offert son livre « Homo-Ghetto » paru récemment au Cherche Midi. Ce livre est une série de portrait de gays et de lesbiennes de banlieue qui racontent l’enfer de leur vie. Ou plutôt l’enfer de leur double vie.

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Nadir, Sébastien, Dialo, Nadia, Karim, Farida, autant de prénoms. Autant de parcours difficiles voire impossibles vers l’acceptation d’une identité que tout leur environnement rejette : cité, amis, famille, religion…Ce livre, comme l’écrit si justement Franck, atteste de « l’existence d’une communauté gay à deux vitesses, symboliquement séparée par le périphérique. » A lire absolument.

13.10.2009

Les chroniques de San Francisco, un must…

Depuis cet été, je profite de mes nombreux déplacements militants pour relire des livres qui m’avaient un jour marqués. Parmi ceux-ci, les chroniques de San Francisco.

En 1976, Armistead Maupin renoue avec une vieille tradition et publie des chroniques dans The San Francisco Chronicle qui, immédiatement, connaissent un succès fulgurant. Ce qui n’aurait du rester qu’un événement local a pris une ampleur internationale et les chroniques ont pu devenir une collection de six livres. Et des bests sellers dans le monde.

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J’ai relu le premier tome et ne rêve plus que de relire les autres. Dans les années 70 qui déclinent, San Francisco - cité de tous les excès et de la liberté - et les habitants singuliers de Barbara Lane vous entrainent dans des aventures où l’humour, l’humanisme et la tolérance sont omniprésents. Plongez-vous dans le monde captivant de Maupin. Un must !

 

06.10.2009

Houellebecq et ses drôles de particules…

Cet été, je vous avais confessé avoir lu pour la première fois un roman de Michel Houellebecq – Plateforme – et avoir été en partie séduit par celui qui apporte un ton original à la nouvelle littérature française. Faisant abstraction des déclarations inacceptables de l’auteur sur l’Islam en 2001, je me suis plongé dans « Les particules élémentaires. » Si ce livre m’a moins séduit que Plateforme je reconnais que cet univers désabusé fait de plein de misère affective m’interpelle et m’intrigue.

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Certes, j’ai souvent décroché dans la lecture de ce livre qui ressemble bien à une autobiographie de l’auteur et surtout décrit sans complaisance ses proches, notamment sa mère et sa demi-sœur ici campée par un demi-frère. Ce livre, qui a obtenu le Prix Novembre, est inégal. A bien des moments, surtout à la lecture des dernières pages, je décrochais. Mais d’autres passages fulgurants m’ont aussi emporté. On y retrouve bien sûr du sexe débridé qu’aime tant à décrire Houellebecq à tel point que tout est fait pour rendre mal à l’aise le lecteur. Mais au final, ce livre m’a encore donné envie d’aller plus loin dans la connaissance de l’univers de ce romancier qui m’énerve parfois mais dont l’univers noir me séduit souvent.

04.10.2009

Voyage au bout de Céline…

Nouvelle lecture que je tiens à vous faire partager le « voyage au bout de la nuit » de Louis-Ferdinand Céline que j’avais lu étudiant et dont, il faut bien le reconnaître, je n’avais aucun souvenir – si ce n’est d’un livre que j’avais à l’époque trouvé un peu trop long.

Je n’ai pas vraiment eu envie ces dernières années de relire Céline tant l’antisémitisme exacerbé et la conduite de cet auteur durant la 2ème guerre mondiale me rebutent. Mais, en même temps, en relisant récemment le bien que Sartre avait pensé de son 1er roman – c’était avant l’attitude de Céline pendant la guerre – j’ai eu envie de me replonger dans cet univers controversé.

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J’ai eu du mal à entrer dans ce long livre – plus de 500 pages chez Folio – mais j’ai fini par me passionner par sa condamnation de la guerre, de la colonisation et de l’exploitation des ouvriers à travers les aventures de son héro. Etonnant d’ailleurs ces condamnations quant on sait que Céline défendit des thèses opposées par la suite. Sa conception de l’amour à travers l’histoire tragique de Robinson et Madelon est assez désespérante mais souvent bien réaliste. En tous cas, le dénouement de cet amour est fort et captivant.

Ce livre nous rappelle aussi à quel point la société avait, au début du XIXème siècle, une conception désespérante et scandaleuse de nos frères noirs. Je comprends en lisant certains passages du livre à quel point certains sont si attachés à la repentance…

En conclusion, un livre que j’ai pris plaisir à relire mais qui ne m’a pas réconcilié avec l’auteur. Un auteur trop noir même si sa démonstration de l’absurdité humaine est souvent bien pertinente.

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24.09.2009

Françoise Hardy et le Désespoir des singes…

Au moment de la sortie des mémoires de Françoise Hardy « Le désespoir des singes et autres bagatelles », je n’avais lu que les extraits dans lesquels l’icône yéyé évoquait sa position favorable à l’euthanasie et le passage émouvant où elle raconte le départ de sa maman atteinte de la maladie de Charcot et qui fut euthanasiée à sa demande et en accord avec sa famille. Cette page du beau récit de Françoise Hardy est un moment fort, mais croyez-moi, pas le seul de cette émouvante et prenante autobiographie.

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Il faut le dire : ce texte est aussi bien ficelé que bien des tubes que cette artiste a écrits. Son histoire est pleine de raisons de désespérer - d’où le titre - mais aussi d’espérer. Le fil conducteur, sa grande histoire d’amour avec Jacques Dutronc, nous rappelle que si l’amour classique tel que nous l’imaginons semble impossible, une histoire faite d’un lien indestructible peut durer toute une vie… Un livre où l’on découvre ou redécouvre une artiste à fleur de peau qui, tout ne ne semblant pas croire aux joies simples de la vie et au bonheur, est, à n’en pas douter, une amoureuse forcenée de la vie.

20.09.2009

Annie, te souviens-tu ?

Mon ami Léo Bardon, qui a été l’ami, le confident et le secrétaire particulier d’Annie Girardot a sorti un magnifique récit « Annie, je me souviens ? » qu’il a eu la gentillesse de me faire lire il y a plusieurs semaines avant sa sortie. En cette veille de journée d’Alzheimer, l’histoire d’Annie Girardot mérite qu’on s’y arrête. Je vous joins ci-dessous la présentation du livre que je vous recommande. En écrivant ce billet, je me rappelle, la dernière fois où Léo avait amené Annie Girardot pour l’opération « histoire de » à la mairie de Puteaux. C’était, je crois, il y a trois ans. C’était terrible de constater à quel point Annie Girardot, cette femme au caractère si trempé, vivait déjà dans un autre monde…

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« C’est quoi le comble pour une actrice ? Oublier son texte, non seulement celui de ses personnages, mais celui de sa vie. Aujourd’hui Annie Girardot ne se souvient plus d’Annie Girardot, alors Léo Bardon se souvient à sa place. Il se rappelle comment une maladie ordinaire et méchante a donné son dernier rôle à une comédienne extraordinaire. Il se souvient de tout. Léo a été le témoin intime des premiers signes du mal, puis de cette destruction lente d’un cerveau, de la guerre menée par Annie contre Alzheimer.
Léo a été aussi l’acteur, le metteur en scène d’une illusion, d’une fiction dans laquelle Annie n’était pas malade. Léo a aidé Annie à être encore un petit peu Girardot, en gardant le secret, en entretenant le mensonge. Mais Léo n’a pas pu empêcher la maladie de faire son lit dans la tête de son amie et d’y faire des ravages. Alors Annie a oublié un peu d’abord, beaucoup ensuite, complètement à la fin.
Aujourd’hui, Léo veut qu’on se souvienne d’elle. Il veut combler ce vide qui a tout grignoté, apaiser cette absence qui l’obsède, qui lui pèse. Il veut réveiller la voix d’Annie qui s’est éteinte, là-bas, définitivement. »

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17.09.2009

L’étranger de Camus ou comment une vie banale peut basculer…

Aujourd’hui, bien que je sois en plein lancement de mon nouveau livre « Les voleurs de liberté », je m’arrêterai sur le roman d’Albert Camus « L’étranger » que j’ai tout récemment relu. Après avoir découvert cet été certains auteurs contemporajs, j’ai eu envie de me replonger dans des livres devenus si classiques dans mon esprit que je ne me rappelais plus la dernière fois où je les ai abordés. Camus fait partie de ces auteurs que j’ai lus comme beaucoup d’entre vous, il y a bien longtemps. Trop longtemps ! En relisant le premier roman du Prix Nobel de la littérature 1957, j’ai eu l’impression de découvrir l’auteur de « La peste ».

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Ce livre de 183 pages se lit vite, s’avale, oserai-je dire. Une écriture fluide, sans fioritures. Une écriture efficace. Ce roman d’un homme banal – tiens cela me fait beaucoup pensé à Houellebecq ! – qui devient un criminel est l’histoire qui pourrait arriver à beaucoup d’entre nous. Sans l’avoir voulu, on peut devenir un héros ou un criminel. Ce roman, c’est la banalité de vies qui deviennent « exceptionnelles. » Et ce n’est pas dela téléréalité …  A relire !

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